le lundi 21 mai 2012 à 20:30

J’en entends déjà dire :  « Quoi !!! Encore Jeffrey Lewis !!! Ça fait mille fois qu’il joue à Toulouse !!! ».
Ben oui la Chatte à la Voisine a encore une fois l’immense plaisir et honneur de recevoir Monsieur Jeffrey Lewis et ceci pour la sixième fois.

La Chatte et Jeffrey, c’est une grande histoire d’amour. C’est en effet à Jeffrey Lewis, alors petit prodige folk - que l'on situait entre Beck et Daniel Johnston - qu’est revenu l’honneur d’inaugurer le premier show organisé par la Chatte ; c’était au Gate et c’était il y a presque 10 ans. Le Gate s’était rempli à ras bord et ceux qui venaient découvrir la sensation et figure de proue de l’Anti-folk new-yorkaise ont eu la chance d’admirer un talentueux songwriter et un fabuleux entertainer, illustrant parfois ses belles comptines à l’aide de ses BD géantes.
Les bienheureux qui ont déjà eu la chance d’assister à un concert de Jeffrey Lewis voient de quoi je parle, les autres ont eu tort de rater ça mais ont une chance de combler ce manque le 21 mai 2012 au Saint des Seins.

En plus de 10 ans d’activité (d’activisme ?) folk, Jeffrey a fait son petit bonhomme de chemin en publiant six albums sur Rough Trade Records. Il a non seulement su conquérir les foules mais aussi gagner le respect de nombre de ses pairs. Pour preuve, Jarvis Cocker dit de lui qu’il est le plus fin parolier de sa génération, excusez du peu. C’est vrai qu’il en faut du talent pour faire tenir l’histoire du communisme en une chanson (A Brief History of Communism) ou pour raconter son dernier bad trip sous acide sans tomber dans les clichés (The Last Time I Did Acid I Went Insane).
Assister à un concert de Jeffrey Lewis, c’est un peu comme mater The Big Lebowski, on a beau l’avoir déjà vu, se douter de ce qui va se passer, on est toujours surpris et on trouve ça encore plus cool à chaque fois.

Pour conclure, je me permettrai de reprendre quelques lignes datant de 2003, annonçant le concert de Jeffrey Lewis et devenues depuis le manifeste fondateur de l’association favorite des chatons :

« Le concert de Jeffrey Lewis sera l'occasion d'inaugurer les activités de l'association La Chatte à la Voisine, nouvellement créée dans le but d'organiser des concerts d'artistes que l'on voit trop rarement, voire pas du tout, par ici »

Alors certes six fois ça peut paraître beaucoup mais étant donné le Monsieur, son aura, sa gentillesse, sa musique et sa classe, c’est toujours trop rare et c’est pourquoi il y en aura surement une septième.

The Bugs (Portland, Oregon)

Worlds Dirtiest Sport (Portland , Oregon)

Projet solo de Kevin Branstetter de Truman's Water.

Préventes: 7 euros (+ frais de location éventuels)

Locations: au Laboratoire, 9 rue de la Bourse, 31000 Toulouse et à Vicious Circle, 7 place des Puis Clos, 31000 Toulouse

Saint des Seins
5 place Saint Pierre
31000 Toulouse

le dimanche 03 juin 2012 à 20:30

Shellac

Image Shellac

Que ceux qui n’ont jamais entendu parler de Steve Albini aillent immédiatement au piquet !

Personnage-clé du rock indépendant américain, cet ancien membre des groupes hardcore-indus Big Black et Rapeman dans les années 80, devenu ingénieur du son renommé, est à l’origine de nombreuses vocations. Foison de groupes majeurs sont venus enregistrer dans son mythique studio de Chicago (Pixies, Nirvana, Fugazi, Jesus Lezard , Slint, Neurosis, PJ Harvey et un milliers d'autres…).

En 1992 Albini fonde le trio rock minimal Shellac, un line-up solide et constant, livrant une leçon d'intensité scénique, teinté d'humilité et d'humour, égrainant leurs compos comme on distribue des baffes - et les fans, consentants, en redemandent. Toujours à la limite de la rupture mais impressionnants de maîtrise et de retenue.

Ce qui est aussi saisissant avec Shellac c’est ce son si particulier: sec, agressif et « métallique » reconnaissable entre mille. Guitare et basse avec un manche en alu, à l’origine de ce son "grinçant", plein de médiums auquel s’ajoute les effets d'amplis faits maisons. Et cette voix ! Rèche et puissante, proférant des pamphlets surréalistes et angoissants. Sans oublier Todd Trainer le batteur hallucinant et halluciné en fou dangereux !

Shellac - Prayer to God

Albini et ses complices sont restés fidèles à l’éthique hardcore, c’est-à-dire travailler dans un sens créatif sans objectif de rentabilité. Le groupe n’obéit donc à aucune logique marchande quant au planning de sortie de ses disques et il ne tourne que quand bon lui semble.

Rare, radical et précieux !

Helen Money

En 1ère partie, la violoncelliste Alison Chesley aka Helen Money pousse son instrument très loin de son univers classique: en utilisant des effets développés pour la guitare électrique et des techniques de jeu à défriser les puristes. Son univers sonore intense lui ouvre des collaborations avec Anthrax, Russian Circles, MONO, Bob Mould ou Broken Social Scene.

Caisse du soir: 15 euros
Préventes: 17 euros (+ frais de location éventuels)

Locations: au Laboratoire, 9 rue de la Bourse, 31000 Toulouse et à Vicious Circle, 7 place des Puis Clos, 31000 Toulouse, dans le réseau FNAC-Billetel (www.fnacspectacles.com) et Virgin-Ticketnet (www.ticketnet.fr).

La Dynamo
6 Rue Amélie
31000 Toulouse

le jeudi 14 juin 2012 à 20:30
Brian Jonestown Massacre

Héro malgré lui du mouvementé Rock'N Roll Circus, l'inquiétant et génial Anton Newcombe, le leader omnipotent de The Brian Jonestown Massacre revient en France à l'occasion d'une tournée fleuve. Depuis Dig!, le film documentaire primé au festival Sundance qui relate les déboires et les frasques du BJM (sorti sur les écrans français en avril 2005), Newcombe apparait bel et bien comme une figure du rock, au milieu de la ribambelle de héros oubliés par la postérité. The Brian Jonestown Massacre est aujourd'hui devenu un groupe culte, de ceux qui perpétuent l'idéal crash rock: sex, drugs and Rock'N Roll. Pourtant, réduire le rayonnement du BJM à cette fameuse trinité de la débauche, devenue un poncif éculé, serait une erreur. Au-delà de la personnalité pour le moins complexe de Newcombe, ce sont bien les chansons imparables du groupe, empreintes de rock 60's et de psychédélisme - un bœuf d'anthologie ente les Stones, Mercury Rev et Spacemen 3 - qui emportent la mise.

Le Bikini
Rue Hermès
Parc Technologique Canal
31520 Ramonville St-Agne

le dimanche 17 juin 2012 à 20:30
M. Ward 2012

Singer-songwriter surdoué et guitariste virtuose originaire de Portland, Oregon, M. Ward est l’auteur de 8 albums solos tous plus divins les uns que les autres. Producteur reconnu ayant un goût certain pour une production vintage certes mais ne tombant jamais dans les clichés, il a lui-même produit tous ses disques et a été aux commandes de nombreux projets dont un album hommage à John Fahey, un de ses héros.

Sur ses disques, les guest-stars se bousculent : Howe Gelb (Giant Sand), Vic Chesnutt, Jenny Lewis, Chan Marshall (Cat Power), Neko Case, Jim Fairchild et Jason Lytle de Grandaddy, Lucinda Williams… et aujourd’hui, M. Ward est devenu un personnage incontournable de la musique américaine contemporaine multipliant les collaborations et les projets parallèles. Au sein de She & Him, il épaule la divine Zooey Deschanel pour faire revivre l’âge d’or de la pop music pleine de sucre et de soleil. Il a œuvré sur le cultissime Arizona Amp and Alternator (consortium d'artistes manipulés par un de ses mentors avouée, le génial Howe Gelb). Il est membre de Monsters of Folk, association de bienfaiteurs montée avec ses comparses Conor - Bright Eyes - Oberst , Jim - My Morning Jacket - James et Mike Mogis.

M. Ward est donc mieux que bien entouré… Mais M. Ward, c’est surtout cette voix sortie tout droit d’outre tombe, c’est ce jeu de guitare à faire pleurer et frissonner jusqu’à faire pointer les tétons des moins sensibles, c’est cette capacité à se prêter, tel un Johnny Cash moderne, à la vielle tradition américaine des cover songs, ayant su reprendre en se les réappropriant Green River de Creedence Clearwater Revival, Lets Dance de Bowie, ou To Go Home de Daniel Johnston…

La première fois que j’ai écouté M. Ward, c’était le printemps 2005, j’étais dans ma voiture et je venais de mettre la main sur Transistor Radio. Je m’attendais à un chouette disque, je tombais sur un opus qui allait devenir un de mes plus fidèles compagnons de route. Sur cette radio fantasmée, Matt Ward, alors tout jeune trentenaire basé à Portland Oregon, commençait par reprendre You Still Believe In Me des Beach Boys dans une version dépouillée jusque de ses paroles pour en faire une mélodie émanant d’un autre temps.
La suite n’était qu’une succession de pure beauté. J’avais en effet capté sur ma bande FM les spectres de vieux bluesmen tels qu’ils apparaissent sur les field recordings d’Alan Lomax ou de George Mitchell (One Life away, Fuel For Fire, Paul’s Song), puis, dans le désordre, M. Ward avait convié sur sa radio utopique le Wilco de Yankee Hotel Foxtrot (Hi-Fi, Four Hours In Washington), les meilleures guitares surf (Regeneration N°1), un boogie entêtant (Big Boat), un hymne pop (Radio campaign). Puis vint une des plus belles et des plus tristes trilogies jamais entendues. Dans la très mélancolique Here comes the sun again, M. Ward ré-imagine la mélodie de George Harrison – un autre de ses héros – et la sublime; la chanson ne touche pas à sa fin qu’il plonge encore plus profond dans la beauté sombre avec Deep Dark Well et, quand on pense avoir touché le fond, cette mélodie dont on ne sait pas si elle est éplorée ou enjouée réapparait et se transforme une dernière fois pour faire surgir la divine complainte supplicative Oh Take Me back.
La messe semble dite avec le très americana I’ll Be Yr Bird mais c’est sans compter sur l’impitoyable DJ qui vous siffle une angélique berceuse (Lullaby + Exile) ou il insiste : « love will get you in the end ». La fin était proche et, en effet, je tombais amoureux… reprenant lentement conscience au son de l’interprétation phénoménale que M. Ward faisait du Well-Tempered Clavier de J.S. Bach sur sa Gibson datant du début du XXème siècle.
J’allais maintenant probablement démarrer ma voiture (j’ai écrit que j’étais dans ma voiture les kids, pas que je roulais !) et réécouter cette merveille avec une obsession en tête : voir jouer M. Ward sur scène. Avant cela, je jetais un regard plus précis à la pochette de ce que je pensais être un trésor que j’avais découvert ; sur un petit autocollant on pouvait lire : « the M. Ward presents : TRANSISTOR RADIO memories of a utopian Radio power… ». C’était bien ça. Dès lors, je convoiterai ses premiers albums, attendrai avec impatience les prochains (son dernier en date, A Wasteland Companion est sorti le 9 avril), avec l’infime peur d’être déçu, l’intime conviction que cet artiste d’exception saurait toujours me faire vibrer de ses ondes, et la certitude que ce n’était que le début d’une adoration sans limite.

La première fois que j’ai vu jouer M. Ward, c’était sur une petite péniche, c’était un concert d’une classe folle, et c’était bien avant qu’il ne devienne le « Him » de She & Him, qu’il ne tourne avec Feist ou Norah Jones, ou qu’il ne forme le « super groupe » Monsters of Folk.

La dernière fois que j’ai vu jouer M. Ward, c’était en concert solo. Sur la scène : lui, sa vielle Gibson et un piano a queue… J’ai songé que j’étais en face du John Fahey du nouveau millénaire pour sa façon de fusionner avec sa guitare et de sublimer une musique centenaire.

La prochaine fois que je verrai M. Ward en concert, ce sera le 17 juin à la Dynamo, je verserai sans doute une larme. Et vous ?

Caisse du soir: 14 euros
Préventes: 12 euros (+ frais de location éventuels)

La Dynamo
6 Rue Amélie
31000 Toulouse

le mercredi 20 juin 2012 à 20:30
Mikal Cronin album cover

Pote depuis le lycée avec Ty Segall - figure de proue du revival garage US avec Thee Oh Sees - les compères partagent tout : les mêmes influences sixties qu’ils revisitent à leur sauce lo-fi punk. Le même processus : tous deux multi-instrumentistes, ils composent et enregistrent en solo l’intégralité de leurs morceaux ( interprétés en live par un groupe au complet ). Et même les disques : enregistrant ensemble Reverse Shark Attack en 2009, brûlot psyché-garage-punk de haute volée !

Etudiant la musique au Californian Institute of the Arts et membre des obscurs Charlie & the Moonhearts, Epsilons ou encore Okie Dokie, Mikal Cronin sort de l'ombre de son acolyte en publiant son 1er album éponyme en 2011 sur Trouble In Mind Records ( The Fresh & Onlys, The Limiñanas ). Encensé par la critique ( Pitchfork, Uncut ), le jeune prodige se révèle doué et attentionné pour des arrangements complexes et fluides sans perdre un seul instant sa détonnante spontanéité rock n' roll !

Songwriter d'élégance, il nous évite bâillements et décrochages, variant les styles et les univers, dodelinant de l'acid-folk au grunge, le tout rempli de douces pépites pop psychédéliques… Entre White Fence, Sebadoh, Total Slacker et Jay Reatard.

Préventes: 5 euros (+ frais de location éventuels)

Saint des Seins
5 place Saint Pierre
31000 Toulouse

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